Peut-on affirmer que l’Economie Djiboutienne souffre de la                                                             « maladie hollandaise » ?

 

                                                                                  Par la Rédaction du Site

 

 

      

Avec une rigidité structurelle historique où la contribution du secteur tertiaire au PIB est de 86%. Alors que les deux autres secteurs (industrie et agriculture) peinent à décoller, les efforts incessants du gouvernement s’orientent davantage en faveur des stratégies de développement du secteur primaire et des PME-PMI. L’objectif étant d’aboutir à un ajustement harmonieux des contributions sectorielles (trois secteurs) au PIB.

 

 

 

            A) Qu’est ce que la « maladie hollandaise » : c'est une situation où la rentabilité du capital (la profitabilité) est plus faible dans l'industrie que dans les autres secteurs (dans les services, dans l'immobilier). Les facteurs de production (capital et travail) se dirigent de l'industrie vers les autres secteurs. Les conséquences néfastes sont : - absence de création d’emploi dans  l’industrie, déficits extérieurs, absence de gains de productivité et faible croissance potentielle. À l'origine, la "maladie hollandaise" était liée à la découverte d'une richesse naturelle (le gaz naturel en Hollande). Le supplément de revenu qui en résulte conduit à une hausse de la demande pour les services (tandis que les prix des produits industriels sont fixés par la concurrence internationale) ; donc à une hausse du prix des services, qui rend la production de services (ou de manière identique la construction immobilière) plus profitable que la production de produits industriels.

            Cependant, le terme de "maladie hollandaise" peut être généralisé à toutes les situations où l'insuffisante profitabilité de l'industrie par rapport aux autres secteurs conduit à inciter les entreprises (les capitalistes) à se détourner de l'industrie. Et cela concerne bien la République de Djibouti.

 

 

            B) Quelles sont les causes de cette maladie : La hausse du coût salarial accompagnée du coût de l’énergie décourage les entreprises à s’intéresser au secteur industriel. Si une heure de travail à Djibouti (main-d’œuvre ajoutée aux autres charges telles que l’Energie…) est plus élevée que dans les pays voisins dans ce cas il n’est pas intéressant de développer une industrie (aussi petite soit elle) et ceci qui explique le déficit croissant du commerce extérieur. Si une entreprise persiste et se lance dans la production industrielle, elle devra donc baisser ses prix de vente, d'où l'écrasement des marges bénéficiaires et la "maladie hollandaise".

 

            C) L’économie peut-elle sortir de cette « maladie » ? Oui. Il ne faut surtout pas abandonner définitivement le secteur Industriel. Pour cela, il faudra mener des politiques économiques très ciblées sur le développement de l’Industrie :

 

                        * Renforcer la décentralisation des négociations du marché du travail au niveau de chaque entreprise. Cela permettrait de rapprocher le coût horaire du travail de la situation, plus ou moins bonne, de chacune des entreprises.

 

 

                        * Ensuite, engager une réforme fiscale de grande ampleur afin d’inciter les grandes entreprises de la placeà orienterleur capital vers le secteur industriel. La réforme fiscale doit être alignée aux opportunités des « profitabilités » nécessaires pour garantir aux entreprises industrielles une hausse des gains de productivité ;

 

                        * Enfin, favoriser fiscalement l'épargne qui financera les petites entreprises industrielles (PMI), les très petites entreprises innovantes, c'est-à-dire mettre en place un mécanisme d’incitations fiscales à l'épargne qui privilégierait le financement des entreprises innovantes ou de transformations ;

 

                        * Réduire le coût Energétique en faveur des entreprises de transformations afin de rendre leur prix de vente compétitif et attractif pour la demande locale et régionale.