Préambule du Sommet de G20

 

Par la Rédaction du Site

 

Les dirigeants des pays les plus puissants du monde se réunissent jeudi et vendredi dans la ville natale de Vladimir Poutine, sur laquelle l'ombre de la Syrie va planer, éclipsant les habituels sujets économiques du G20. Le sommet permettra aux différents camps de se compter, et plusieurs réunions bilatérales entre partisans d'une action armée sont prévues, alors qu'approche la date du 9 septembre, jour de rentrée pour les parlementaires américains qui doivent se prononcer sur une intervention militaire. Vladimir Poutine a, lui, mis en garde mercredi le Congrès américain contre l'approbation de frappes en Syrie qui constitueraient une "agression" si elles avaient lieu "en dehors du cadre des Nations unies", où plusieurs pays, Russie ou encore Chine, posent leur veto à toute intervention. Il a toutefois également affirmé que la Russie pourrait soutenir une opération américaine si des preuves de l'attaque chimique lui étaient fournies. Dans ce climat de tension, John Boehner, président républicain de la Chambre des représentants et partisan d'une action militaire en Syrie, a refusé mercredi de rencontrer une délégation parlementaire russe, que Moscou souhaite envoyer à Washington. L'ambassade russe aux États-Unis a toutefois indiqué que le déplacement de cette délégation était maintenu, et qu'il aurait lieu la semaine prochaine

       

          Sur le plan économique, le G20 était parvenu à une coopération sans précédent entre pays développés et pays émergents pour éviter l'effondrement économique durant la crise financière de 2009, mais cette harmonie est désormais rompue.

Il devrait y avoir toutefois quelques accords, notamment sur les mesures contre la fraude fiscale par les multinationales. Il sera également proposé aux dirigeants du G20 de mieux réglementer le marché mondial des produits dérivés – futures, options et autres swaps – dans le but de prévenir la formation de nouvelles bulles financières.

     

       Mais un consensus sera difficile à trouver parmi les pays développés : d'un côté les Etats-Unis travaillent activement à soutenir la demande, tandis que l'Europe sort de l'austérité plus lentement

Parallèlement, les grands pays émergents dits des Brics sont divisés sur le rôle du dollar américain dans les échanges économiques mondiaux. Et pour l'instant, Brésil, Russie, Chine et  Afrique du Sud ne semblent pas avoir l'intention de se rallier derrière le cinquième membre des Brics, l'Inde, qui a appelé vendredi dernier à une intervention conjointe sur les marchés des changes.

 

         Parmi les pays africains invités au sommet du G20, l'Afrique du Sud est bien sûr présente à Saint-Pétersbourg. L'Éthiopie, invité permanent, participe cette année au titre de la présidence de l'Union africaine qu'elle exerce. Troisième pays, le Sénégal. Le président Macky Sall est invité en tant que président du comité de mise en œuvre du Nepad.L'Afrique a en effet un rôle à jouer dans la résolution des défis mondiaux. Les trois dirigeants seront ainsi consultés pour cette coalition que cherchent à réaliser les États-Unis et la France contre la Syrie. Mais le continent a son propre agenda. Avec près de 1 milliard de consommateurs et un taux de croissance de son économie qui devrait avoisiner les 6% au cours des cinq années à venir, l'Afrique cherche avant tout à accroître sa production et transformer ses taux de croissance élevés en développement économique et social. En sa qualité de président du Nepad, le président Macky Sall tentera donc de convaincre ses homologues de ne pas sacrifier l’aide publique au développement sur l’autel de la crise économique mondiale. Par ailleurs, le président sénégalais devrait rappeler que l’Afrique est un continent de croissance économique et d’opportunités futures, qu’il faut développer les partenariats, le commerce et les investissements. En outre, s’il est invité en tant que président du Nepad, Macky Sall peut tirer de ce G20 un bénéfice plus personnel, en terme relationnel avec les dirigeants. Alors que certains lui reprochent de ne pas s’impliquer dans les affaires de la sous-région, et de laisser le leadership au président burkinabè Blaise Compaoré, il montre qu'il discute plutôt avec les « grands de ce monde ».