Les pays pauvres de la Zone Euro  sont loin d’être sortis d’affaire

 

par la Rédaction du Site


      Les pays européens en crise sont loin d’être sortis d’affaire. Espagne, Portugal et Grèce, trois pays à être financièrement aidé par l’Union européenne et le Fonds monétaire international.

       

         En Portugal, la pauvreté commence à être alarmante. Environ deux millions de personnes sur une population totale de 10 millions et demi vivent en dessous ou au seuil de pauvreté. Il est pourtant fixé très bas, à 420 euros par mois. Depuis le début du programme d’ajustement économique et financier en juin 2011, l’enchaînement des restrictions pour les familles n’en finit pas. Les très fortes augmentations d’impôts successives et accentuées d’ailleurs depuis le début de l’année grèvent les budgets. Les allocations familiales, les avantages fiscaux, les aides à la scolarité sont supprimés.

         

         Le rapport du FMI rendu public début août 2013 s’attaque à nouveau à l’Etat-providence en Espagne. En effet, le FMI reconnaît le désastre de la crise financière. Les estimations jusqu’en 2018 du FMI pour l’Espagne montrent un panorama de «faiblesse prolongée» avec un taux de chômage estimé à 27% en 2014 et qui serait encore au-dessus des 25% en 2018; une dette publique qui s’envole à 106% du PIB sans que la dette ­privée ne baisse en dessous des 236% du PIB au cours des cinq prochaines années. Pour cela, le FMI recommande ainsi fermement la réforme du système des retraites, «la révision des dépenses de services clés comme l’éducation et la santé», l’augmentation de la TVA et des impôts spéciaux ainsi que la réduction des personnels de l’Etat, des collectivités territoriales et des organes de Sécurité sociale. Pour information, chaque année, en application de l’article IV de ses statuts, une mission du Fonds visite les autorités des pays membres et distribue ses recommandations, ce qui permet de suivre de près les politiques économiques appliquées par les gouvernements respectifs et d’exercer son influence. Ses recommandations, qui constituent des conditions à ses prêts ou assistance.

 

          Pour sa part, la Grèce a vécu trop longtemps au-dessus de ses moyens sur des chiffres falsifiés, volontairement ou par négligence. Alors que l'ancien gouvernement annonçait un déficit public de 6% du PIB, Georges Papandréou, à peine arrivé au pouvoir en octobre 2009, découvrait un déficit de 12,9% et une dette publique à 115% du PIB, alors que la limite fixée par Bruxelles est de 3%. La zone euro tombe des nues. Fraude fiscale généralisée - l'économie souterraine dépasse 20% du PIB- , dépenses publiques pléthoriques, poids des fonctionnaires: des mesures d'urgence s'imposent. Athènes propose un plan d'austérité drastique : réduction des dépenses de l'État et des dépenses de santé, gel des salaires et des primes des fonctionnaires, recul de l'âge de la retraite. La Grèce promet de ramener de cette manière son déficit public à 8,7% du PIB fin 2010, mais ne convainc pas. Criblée de dettes, elle devra emprunter 53 milliards d'euros cette année si elle veut s'en sortir. Si l'Europe ne l'aide pas, c'est la faillite, un scénario catastrophe dont personne ne veut parce qu'il risque de faire boule de neige. Mais la Grèce doit aussi éviter à tout prix l'explosion sociale qui gronde chez elle. Enfin et après six ans de récession, la Grèce pourrait entrevoir le bout du tunnel. La zone euro, via le Fonds de secours FESF, a transféré, vendredi 31 mai, 7,2 milliards d'euros portant à 48,2 milliards le montant total reçu par Athènes pour consolider ce secteur. Le FMI vient lui aussi de débloquer un prêt de 1,7 milliard d'euros dans le cadre du plan de sauvetage du pays décidé au printemps 2012. Les deux précédentes tranches n'avaient été versées par le Fonds, en janvier, qu'à l'issue de longs mois de tractations avec Athènes et les dirigeants européens sur le niveau de la dette grecque, jugé «intenable». La Grèce a effacé en mars 2012 presque un tiers de sa dette souveraine, soit plus de 100 milliards d'euros, détenus par ses créanciers privés. Athènes a ensuite, en décembre 2012, racheté près de 30 milliards de ses obligations, toujours à ses créanciers privés. Ces deux opérations ont réduit la dette à 156,9% du Produit intérieur brut (PIB) en 2012, contre un pic de 170,3% en 2011. Mais en 2013 et en 2014, la dette pourrait s'envoler à 175,2% et 175% respectivement, selon les estimations de l'UE.