Protection de l’Environnement et de la Biodiversité

 

 

         En République de Djibouti, le climat est tropical, aride sur l’ensemble du territoire. Deux saisons principales sont distinguées : la saison chaude de juin à septembre et la saison fraîche d’octobre à mars séparées par une petite période intermédiaire (avril-mai). Les précipitations sont donc très faibles mais aussi très variable selon les années et en fonction de l’altitude et de la distance à la mer (Rapport météo de Djibouti et CHA 1982). En raison de ce régime climatique, la plupart des cours d’eau sont temporaires et ne coulent que quelques heures après les orages. La prise de conscience en matière d’environnement en République de Djibouti date de l’année 1989 avec le premier séminaire national sur l’environnement. En 1996, le gouvernement a crée la Direction Nationale de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement. En 1999  le Ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme, de l’Environnement et de l’Aménagement du territoire a été mis en place avec une prise de conscience politique que l’Environnement devrait occuper une place importante de plus en plus. En 2001, le MHUEAT a publié le Plan d’Action National pour l’Environnement. Ce vaste rapport très riche était basé sur des analyses multisectorielles des problèmes environnementaux auxquels fait face le pays avec une approche transversale. En qui concerne l’Environnement urbain, les eaux usées non traitées et la mauvaise gestion des déchets solides sont principalement les éléments les plus impactant pour l’Environnement Urbain en République de Djibouti. Parmi ces déchets, les plastiques, non biodégradables et facilement transportés par le vent, sur de longues distances, constituent un véritable fléau (PANE, 2001). Avalant ces sacs plastiques, Les animaux domestiques arrêtent de ruminer, et finissent par mourir.

 

         La multiplication des dépôts sauvages dans les villes de Djibouti ainsi que l’amoncellement de détritus sur de nombreuses voies d’accès et lieux publics constitue les marques les plus visibles de la détérioration du cadre de vie urbain (PANE, 2001). En effet, l’Urbanisation incontrôlée et massive fait en sorte que dans certains quartiers de Djibouti – ville et de sa banlieue Balbala, les Voiries sont mal aménagées de telle sorte que les engins de l’office de voirie de Djibouti (OVD) ne peuvent même pas pénétrer dans ce quartier. Cet état de fait combiné à la faiblesse du parc roulant de l’OVD contribue à la prolifération des dépotoirs sauvages. 

 

         Les déchets sanitaires des centres hospitaliers sont censés être traités par des filières adaptées à ces déchets spéciaux. Néanmoins, la réalité est tout autre et il s’avère que les déchets sanitaires se trouvent mélangés avec les déchets ordinaires (Plan de Gestion des Déchets Sanitaire, 2003). En effet, le niveau d’ignorance des manipulateurs de déchets à la source (dans les hôpitaux et cliniques) ainsi que l’inadéquation et la faiblesse des équipements de stockage, de collecte et de disposition des déchets sanitaires se traduisent par un mélange des déchets sanitaires avec les autres déchets solides moins nocives, notamment au niveau des décharges publiques ou sauvages très fréquentées par les animaux domestiques en quête de nourriture (Plan de Gestion des Déchets Sanitaire, 2003). Cette situation peut entraîner une propagation potentielle de maladies et de contaminants chimiques à travers la chaîne alimentaire. De la même manière, les vents de poussière peuvent entraîner des germes pathogènes et dangereux provenant du stockage inapproprié des déchets sanitaires dans les hôpitaux et cliniques ainsi que les décharges à ciel ouvert.

 

         D’autre part, le trafic maritime en croissance et le stockage des produits pétroliers sont les principales causes de pollution par hydrocarbures au large des côtes Djiboutienne ainsi qu'au niveau du port de Djibouti. Ces pollutions sont dues essentiellement aux dégazages des navires citernes transporteurs d'hydrocarbures et aux fuites des canalisations de transport d'hydrocarbures dans le sous-sol du port. Cette fuite de canalisation depuis des années entraîna la formation des poches d’hydrocarbures dans le sous sol du port de Djibouti. Sous l'effet de la marée, les hydrocarbures s'échappent de ces poches pour affecter la mer et les plages environnantes (Plan de Gestion Intégrée de la Zone Côtière, 2005). De même,

Les conditions climatiques de Djibouti affectent énormément les ressources naturelles du pays. A ceci se sont ajoutés les effets des changements climatiques. Cette synergie des conditions place Djibouti dans une situation de Sécheresse Endémique. Cet état de fait affecte particulièrement le milieu rural. Le Déboisement pratiqué principalement pour la fabrication de charbon et le surpâturage contribuent aussi à la désertification. Le phénomène de sédentarisation spontanée s’est largement amplifié au cours de ces dernières années et a suscité de nouveaux besoins chez les nomades qui, en construisant des habitats plus permanents, accélèrent le déboisement qui a déjà atteint un stade critique. Par exemple, la forêt du DAY, forêt primaire, est désormais en danger avec toute la biodiversité qui va avec à cause de la désertification et de la coupe des bois

 

         Le recul des terres pastorales sous l’effet de la désertification est une des conséquences directes des changements climatiques à Djibouti. En effet, il en résulte un déséquilibre entre la disponibilité des ressources naturelles en pâturages et le besoin des bétails des nomades de la République de Djibouti. En effet, les nomades du pays ont culturellement tendance à pratiquer un élevage extensif. Ces nomades et leurs cheptels dépendent directement de l’état du couvertvégétal.

 

         La situation des écosystèmes marins et terrestres à Djibouti se révèle déjà très critique en raison des conditions climatiques difficiles et de la pression humaine. Les impacts des changements climatiques sur les coraux de Djibouti sont déjà visibles. En effet, le taux de blanchissement des coraux à Djibouti a été estimé entre 20 et 30% (2008).

 

         En matière d’engagements internationaux, La république de Djibouti a ratifié la quasi-totalité des conventionsinternationales sur l'environnement, notamment les trois conventions sœurs des Nations Unies et leurs protocoles (Convention sur la biodiversité et ses protocoles, Convention sur les changements climatiques et ses protocoles, Convention sur la lutte contre la désertification) et a élaboré un Plan d'Action National pour l'Environnement (PANE, 2001). Cette adhésion traduit la volonté du gouvernement Djiboutien d’inscrire dans le cadre légal des nouvelles perspectives de coopération internationale que ces nouveaux instruments juridiques offrent au pays surtout par rapport aux problématiques des ressources biologiques et la préservation de l’environnement. D’autre part, la République de Djibouti a adhéré à la convention sur la désertification. Dans le cadre des communications à cette convention, le ministère de l’agriculture (point focal pour cette convention) a publié une série de rapports techniques sur l’état de la mise en œuvre de la Convention des Nations Unies sur la Lutte contre la Désertification (1999, 2002, 2004). Le Ministère de l’agriculture a également publié un Programme d’Action National (PAN) de lutte contre la Désertification en l’an 2000. Quelques projets ont été exécutés dans le cadre du PAN. En matière de biodiversité (CBD), le gouvernement de Djibouti a adhéré à la convention sur la diversité biologique en 1994.  Une loi et un décret ont été adoptés en 2004 dans le domaine de protection de l’environnement (Loi n°45/AN/045/5èmeL portant création des Aires Protégées Terrestres et Marines). Cette loi concerne la création de quatre (4) aires protégées terrestres: la forêt du Day, forêt de Mabla, le lac Abbé et le lac Assal ainsi que trois (3) aires protégées marines : îles Musha et Maskali, îles des Sept Frères- Ras Syan- Khor Angar - forêt de mangroves de Godoria, et zone de Haramous. Enfin, pour faire face aux impacts des changements climatiques, Djibouti a élaboré un programme d’action basé sur les principes de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (Communical National MHUEAT, 2001) : - Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a signalé une augmentation de l’étendue des zones arides touchées par des sécheresses plus intenses et plus longues, et une baisse de la pluviométrie dans ces zones (GIEC, 2007) ; - Le MHUEAT a lancé en 2006 le Programme d’Action National d’Adaptation aux Changements Climatiques (PANA, 2006).

 

 

         Cependant, plusieurs défis urgents sont a relever dans la quatrième décennie : en matière de gestion de déchets : - en raison de gestion du parc roulant défectueux de l’OVD, il faudrait renforcer les ONG de ces quartiers avec des ateliers de formations sur la gestion des déchets et les recyclages et leur fournir des petits équipements de ramassages des déchets solides., - en matière de suivie de la pollution atmosphérique : mise en place d’une station mobile de mesure de la qualité de l’air est indispensable en République de Djibouti, - en matière de protection de l’environnement : il s’agit d’intégrer la problématique environnementale (préservation de l’environnement, désertification et la gestion des ressources en eau et des ressources naturelles) dans les secteurs de l'éducation nationale et de la formation professionnelle.

 

 

 

                                                                       La Rédaction du Site