Caractéristiques Sociales à Djibouti

 

 

         La situation sociale a évolué simultanément avec la situation économique et les effets de la mondialisation. Les caractéristiques à décrypter sont nombreuses. Cependant, une réalité cache une autre. Même si les tendances et les modes de vie ont profondément changé au cours de l’histoire, les valeurs sociales, familiales et religieuses continuent à influence les comportements des djiboutiens.

 

 

         A) Sur le plan Sociodémographique

 

         La République de Djibouti présente trois caractéristiques essentielles sur les trois périodes d’analyse: - un dynamisme important de la démographie (le nombre d’habitants est passé de 250 000 en 1976 à 818 159 en 2009) - une concentration importante de la population dans la capitale  et – une diversité culturelle marquée par la coexistence de différentes communautés (Somali, Afar et Arabe). Le derniers recensement (2009) spécifie davantage le caractère urbain (70,6%) et jeune (+ 50%) de la population totale djibouti. Ce recensement démontre aussi la répartition inégale de la population entre les communes au sein même de la capitale (54% de la population de la capitale vit dans la Commune de Balbala contre 1,9% dans la commune de Ras-Dika) et entre la capital et les régions (58,1% de la population totale vit à Djibouti ville contre 10% à Ali-Sabieh). A ces caractéristiques s’ajoute l’instabilité politique et sociale de la sous région qui a accentué le flux migratoire vers Djibouti. Cependant, ces diverses caractéristiques reposent sur une identité et des Valeurs Culturelles Communes.

En dehors de l’aspect religieux (islam) de l’identité, une large composante de la population (communautaires) est représentée au sein du gouvernement et de l’Assemblée Nationale. Autour de cette Identité Politique, les valeurs culturelles et sociales ont évolué. Dans la première décennie, la société était organisée autour d’un modèle patriarcal avec le statut de la femme qui secondait celui de l’homme. Le recours massif à la médecine traditionnelle et la présence du droit coutumier étaient considérés comme un moyen de rejet des modèles venant des pays modernes. Cependant, le conflit interne marquant la deuxième décennie a permis de reconsidérer la notion de l’Identité par rapport au contexte politique, sociale et culturel. La dimension de la Valeur Identité et Culturelle occupera une place importante dans la troisième décennie à travers le Ministère de la Culture et de la Communication. De même, le rôle de la femme, la législation nationale et l’unification des droits en vigueur (coutumier, religieux, moderne) caractériseront la prise en compte des réalités nationales et internationales dans la législation nationale durant les trois dernières décennies. Par ailleurs, les réalisations ont été nombreuses durant les trois dernières décennies. Les affaires culturelles sont passées de la Tutelle du Ministère de l’Education (1977-1987) à un Ministère à part entier (1999). Face aux affaires religieux nombreuses et aux difficultés de distinction entre les affaires civiles et religieuses, les affaires civiles et religieuses placées sous la tutelle du Ministère de la Justice en 1977 ne seront plus sous la tutelle de ce Ministère depuis 2005 (Ministère des Affaires Islamiques et des Wakf).

 

         Enfin, les trois dernières décennies ont permis de cerner la notion d’Identité aux spécificités djiboutiennes et, de promouvoir la culture locale. Les défis à soulever dans la quatrième décennie consistent à élaborer un Patrimoine Culturel Commun autour de la notion d’identité. De même, l’élaboration d’une politique d’urbanisation nationale et régionale et d’une politique nationale d’immigration complétera le dispositif légal existant autour des problématiques tels que les disparités régionale ou le contrôle du flux migratoire.

 

 

         B) La situation du capital humain

 

                        B.1 : L’éducation

 

         Depuis plus de vingt ans, le paysage éducatif a globalement et radicalement changé quantitativement (progression des taux de scolarisation passant de 20% en 1977 à 40% en 1999-2000, puis 75 % en 2011 dans le primaire et de 55,4% dans le secondaire). Cependant, la Politique Nationale du Système Educatif a été bien distincte durant les trois périodes : - période dite de « Transition du Système Educatif » entre 1977 et 1989 où les acquis du système colonial sont encore présents à travers la méthodologie, le personnel et les références scolaires ; - période dite de « Changement Structurel de l’Enseignement » entre 1990 et 1999 où les contraintes macroéconomiques ont profondément affecté le système éducatif déjà très sélectif (taux de déperdition élevé) et, enfin, - la période dite de « Réforme Globale du Système Educatif » entre 2000 - 2010 où l’Universalisation de l’Education devient l’objectif fondamental conformément aux objectifs des OMD pour l’année 2015.

 

Malgré les diverses conjonctures contrariées de l’économie et de la politique, le niveau d’instruction du capital s’est nettement amélioré durant les trois dernières décennies. En comparaison au faible pourcentage des personnes âgées de plus de 40 ans qui ont fréquenté l’école primaire (inférieur à 10%) selon une enquête de la  DINAS (1978), le taux brut de scolarisation dans le primaire est passé de 36,9% entre 1978-79 à 78% entre 2011-2012. De même, l’effectif global des élèves dans le secondaire est passé de 2954 en 1979 à 14570 pour la rentrée scolaire 1999/2000 et 35567 pour l’année 2010/2011. Pour ce qui est de l’enseignement secondaire professionnel, le LEP accueillait 323 en 1987 contre 1025 au LIC et 224 au CFPA en 1990/2000. En ce qui concerne l’enseignement supérieur, l’Université de Djibouti a accueilli 3705 étudiants pour la rentrée universitaire 2010/2011 contre 150 boursiers inscrits auprès des universités étrangères en 1980/81.

 

 

         Toutes ces avancées résultent des Etats Généraux de l’Education en 1999, d’un Schéma Directeur de l’Education pour la période 2000-2010. De ce fait, un programme détaillé des investissements a été proposé dans le plan d’action pour la période 2010-2015. L’orientation de la politique éducative a eu pour objectif principal de dynamiser l’action économique de l’Etat au niveau de l’insertion des jeunes diplômés sur le marché du travail. Evidemment, il s’agira de bien orienter la politique éducative pour permettre l’Adéquation entre la Formation et l’Emploi. Cette politique éducative que l’Etat souhaite valoriser, consiste à garantir la stabilité de la croissance économique. Globalement, les différentes reformes constatées durant les trois dernières décennies ont permis d’aboutir à une éducation de masse à travers l’augmentation des capacités d’accueil.

 

 

         Cependant et malgré une part importante du budget consacrée à l’éducation (22% en 2011 contre 14% en 1997), les Disparités Régionales sont perceptibles au niveau de l’enseignement secondaire. En dehors des disparités, l’autre défi majeur dans l’avenir concerne l’Amélioration Qualitative de l’Enseignement prodigué au niveau de différents cycles (primaire, moyen, secondaire et supérieur). Plus globalement, l’accès à l’éducation repose sur un objectif fondamental à savoir rehausser le taux brut de scolarisation primaire à 64 % en 2005, et de 90 % en 2015. De même, il s’agit de permettre à 95 % des élèves garçons et filles du primaire d’accéder au niveau d’enseignement moyen. Pour atteindre ces objectifs, le gouvernement propose de Rationaliser la Carte Scolaire au niveau des régions, de construire et de réhabiliter les infrastructures, de développer la politique de double vacation, et d’accroître la participation du secteur privé aux efforts de scolarisation des enfants. Dans cette optique, un effort doit être entrepris en matière d’orientation scolaire, de qualité de l’enseignement secondaire et du développement de l’enseignement supérieur. En matière d’Equité, le programme prévoit de réduire les disparités d’accès à l’instruction, notamment selon le sexe et selon les régions, à l’aide de diverses initiatives telles que : - réduire les contraintes physiques d’accès à l’école distance, améliorer l’environnement scolaire, ajuster la carte scolaire en fonction des zones rurales, renforcer les programmes d’alphabétisation en faveur des femmes, et effectuer des études sur la demande d’éducation. En même temps, il s’agit d’accroître l’efficacité pédagogique du système éducatif par une réforme des programmes scolaires (la contextualisation des programmes en fonction de l’environnement socio économique et culturel du pays), un meilleur accès aux manuels, une élévation de la formation des maîtres et professeurs, et un changement des méthodes d’évaluation qui passe par la diminution de l’importance quasi– exclusive des examens.

 

 

                        B.2 - La santé

 

          Partant du constat actuel, l’alarme est déclenchée pour agir urgemment sur les variables sanitaires afin de rehausser qualitativement et quantitativement l’Offre Publique de Santé. En effet, le profil sanitaire de Djibouti est encore comparable à celui des pays en voie de développement, comme le démontre l’indice de développement humain qui était en 2010 de 0,403 avec un classement de 147eme. Cependant, le chemin parcouru par le système national de santé reste parsemé de difficulté tant au niveau des orientations stratégiques qu’au niveau du financement. La période 1979-1989 est resté figée au niveau des infrastructures sanitaires désuètes malgré un dispositif légal favorable à la Santé Partout et Pour Tous. La période 1990-1999 a permis l’élaboration d’une panoplie des textes légaux (La loi N° 146/AN/91/2ème L, loi N° 145/AN/91/2ème L, loi n° 48/AN/99/4ème L). Ainsi, le système de Santé de Djibouti sera fondé sur l’Approche Système de Santé de District et la stratégie de soins de santé primaire. Enfin, la décentralisation du système de santé est une priorité de la politique nationale. Pour cela, elle sera considérée comme une unité territoriale de base, administrative, technique et financière de la carte sanitaire. Aussi, les autorités Djiboutiennes ont pris de nouveaux engagements nationaux et internationaux qui engendrent de nouvelles priorités à prendre en compte impérativement dans le cadre de cette nouvelle reprogrammation. La troisième période 2000-2010 poursuivra les réformes préconisées dans la loi n° 48/AN/99/4ème L

 

         En outre, l’importance des textes réglementaires de la deuxième décennie a conduit dans la troisième période à l’adoption d’un cadre stratégique (Plan décennal) de 2001/2011 et d’un Plan National de Développement Sanitaire (2008/2012) élaboré à travers un Processus Participatif et Multisectoriel. Concrètement, le système de santé par district devenu ainsi santé par région a permis à l’élargissement de l’offre sanitaire (27 postes de santé en milieu rural, 11 centres de santé communautaire en milieu urbain, cinq Centres Médicaux Hospitaliers qui jouent le rôle d’hôpital régional), et enfin d’un hôpital national de référence, d’une maternité nationale de référence et de trois centres spécialisés. Enfin, L’offre de services privés est structurée autour de trois polycliniques, neuf officines privées (pharmacies) et 11 cabinets médicaux. De même, l’approvisionnement public en médicaments est régi par un Décret n° 2004-0059/PR/MS. Par ailleurs, la politique nationale de santé va s’atteler à palier à l’insuffisance du personnel par: - l’augmentation des effectifs envoyés à l’étranger dans le cadre de la coopération (en particulier avec les Pays du Maghreb, Cuba…) ; - la création d’une Ecole de Médecine (2007). Ces efforts incessants ont abouti à une amélioration de la prise de la santé maternelle, de l’enfant et des maladies infectieuses (VIH/SIDA, Paludismes, Tuberculose) et chronique (diabète, cardio-vasculaire….).

 

         Malgré les efforts déployés, les défis restent nombreux pour atteindre les résultats espères des OMD 2015. En conséquent, il faudra :- renforcer les programmes de l’offre publique de santé dans le cadre régional, - réduire les disparités régionales (vaccination…), - Coordonner les actions entre le gouvernement et le système des Nations Unies, - élaborer une politique de prévention active et non ponctuelle auprès des jeunes et de la population vulnérables vis-à-vis des risques de contagion de certaines maladies…..

 

 

                        B 3 -  Eau 

 

          Le parc de forages qui alimente en eau potable tout le pays est au nombre de 52 forages. Sur les 6 dernières années, 4 forages ont été réformés et 7 nouveaux forages ont été mis en exploitation. La ville de Djibouti est actuellement alimentée par 38 forages (32 forages, dont la production converge vers la station de pompage d’Ambouli, servant à alimenter Djibouti-ville et la partie basse de Balbala  et 6 forages au PK 20 servent essentiellement à alimenter la partie haute de Balbala).  

         La capitale compte 6 réservoirs d’eau opérationnels d’une capacité totale de 7400 m3 repartie comme suit :

-                     3 réservoirs de 3 600 m3 de capacité totale pour Djibouti ville-basse,

-                     3 réservoirs de 3 800 m3 de capacité totale pour Balbala.

Ils existent également cinq châteaux d’eau dans la ville basse dont la capacité totale de stockage est de 11000 m3. Trois de ces châteaux d’eau sont dans des mauvais états.

         Toutes les eaux pompées des forages du champ captant sud (Douda), dirigées vers une bâche de 700 m3 sise à la station de pompage d’Ambouli, subissent une désinfection par hypochlorite de calcium, et sont ensuite redirigées en partie vers Balbala et une autre partie vers Djibouti ville basse alors que celles du champs captant PK 20 sont acheminées directement vers la station de pompage de Balbala et par la suite aux réservoirs se trouvant en contre bas.

 

En République de Djibouti, les principaux problèmes liés à la question de l’eau se rapportent à la difficulté d’Accès permanent à une Eau Potable, c’est à dire à la Sécurité de l’Approvisionnement. Le besoin en eaux potable en République de Djibouti a été estimé à au moins 25 millions de mètres cubes, alors que la production de l’Office National des Eaux et Assainissement de Djibouti (l’ONEAD) en 2009 a été de 14.8 millions de mètres cubes avec un taux de perte sur le réseau d’environ 32% (c'est-à-dire une consommation en eau de 10.017 millions de mètres cubes) (Rapport ONEAD, 2009). En d’autres termes, il y avait déjà en 2009 un déficit de 10 millions de mètre cubes d’eau (Rapport BCD, 2009). En 2010, d’après le rapport d’activité 2010 de l’ONEAD (non encore publié), l’ONEAD a produit 15.3 millions de mètres cubes avec une perte sur le réseau de 33% (c'est-à-dire une consommation en eau de 10.251 millions de mètres cubes). Le déficit en eau n’est pas moins de 10 millions de mètres cubes d’eau en 2010.

 

         Les villes de l’intérieur sont aussi alimentées en eau de forages. La situation de la ville d’Ali-Sabieh est assez singulière. En effet, la nature géologique de cette région fait en sorte que les eaux souterraines de cette ville sont très minéralisées. Les concentrations en sodium, chlorures, sulfates et magnésium par exemple dépassant très largement les normes OMS classent ces eaux non potables. Les eaux souterraines de Mouloud ont des teneurs en nitrate supérieur aux normes OMS. Ces eaux de puits chargé en nitrate peuvent être préjudiciables pour les nourrissons. En effet, une eau de boisson ayant une concentration élevée en nitrate peut entraîner la méthémoglobinémie. En conséquent, les forages dans ces zones sont condamnés, car non conforme aux normes de l’OMS à cause des concentrations élevées en nitrate. Toutefois, les puits dans cette zone rurale sont exploités par les nomades avec tous les risques sanitaires inhérents. Les autres grandes villes de Djibouti, Dikhil, Tadjourah, Obock et Arta connaissent aussi une pénurie chronique d’eau potable.

 

         En milieu rural, l’accès à l’eau est limité par plusieurs facteurs en République de Djibouti. Par exemple, le non fonctionnement d’une partie des infrastructures en eau en milieu rural (forages, puits, citernes enterrées, retenues) est du entre autres au manque de normes nationales pour l’édification des ouvrages d’eau comme au manque de ressources humaines. Enfin, certaines zones rurales sont difficilement accessibles pour les foreuses et/ou les camions de distribution de l’eau. Cette situation est préjudiciable pour les communautés concernées

 

 

         Face à cette urgence, une étude relative au Plan Directeur de l’Eau a été lancée en 2007. De même, des Projets de Réhabilitation, d’extension et de détection de fuites du réseau ont été entrepris pour améliorer l’approvisionnement en eau potable. En 2008, le gouvernement a lancé le projet de "mobilisation des eaux pour usage domestique et agricole en milieu rural".

 

 

          Pour ce qui est des défis à relever : la réalisation des Cartes Hydrogéologiques des différentes régions du pays permettra une meilleure connaissance des ressources d’eau souterraines disponibles ou éventuelles dans le pays. De même, l’instauration des barrages superficiels doivent permettre de recharger la Nappe de Djibouti (surexploiter en raison de l’expansion de la ville, croissance démographique, flux, immigration….) puisqu’une totalité de l’eau de pluie (circule dans l’oued d’Ambouli) est déversée dans la mer.

 

 

           B.4 La problématique de la Sécurité Alimentaire

 

         Au cours de ces dernières années, l’amélioration de l’environnement macroéconomique nationale qui a permis de faire progresser le taux de croissance annuel moyen du PIB de 2,5% entre 2001-2004 à 4,6% entre 2005-2010, n’a fait que renforcer le rôle du tertiaire (80% du PIB), au regard des concentrations des IDE dans ce secteur. En valeur absolue, le PIB progresse de 125 milliards Fdj à 200 milliards entre 2005-2010. Ainsi, il est à craindre que cette embellie macro-économique, largement limitée à Djibouti/ville risque non seulement d’accentuer durablement la Fracture Territoriale entre les zones rurales de l’intérieur du pays et la cité-capitale mais, aussi, d’affaiblir davantage les trois piliers de la Sécurité Alimentaire à savoir la Disponibilité, l’Accès et l’Utilisation. En effet, l'élevage reste l'activité prédominante du monde rural. Il est pratiqué sous deux formes : extensif (traditionnel) surtout sur les parcours collectifs du nord et du sud du pays. Il constitue un moyen de capitalisation pour les éleveurs. La vente du bétail  se fait en fonction des besoins de liquidité, et non en fonction du stade de croissance et de Développement des Animaux. Il n'y a pas d'exploitation rationnelle des troupeaux. L’autre forme d’élevage (sédentaire) pratiquée dans les oasis et près de Djibouti-ville est plus monétisée et une partie de la production est commercialisée dans les centres urbains. Avec 1 million de têtes de petits ruminants, 40.000 têtes de bovins et 50.000 têtes de dromadaires et bien que ne représentant officiellement qu’à peine 3 % du PIB, les activités du secteur élevage occupent près du tiers de la population active et une majorité de la population rurale pratique l’Elevage Transhumant ou Sédentaire. Les sècheresses successives de ces dernières années ont eu des effets dramatiques sur l’état de santé du cheptel. Les pertes en animaux sont estimées selon les régions de 20 à 80%. Ce déficit pluviométrique contribue également à une dégradation des pâturages. Par ailleurs, l’agriculture est pratiquée de façon marginale dans ces zones rurales puisque 10% seulement des 10 000 hectares de superficie est cultivé et facilement irrigable (car la superficie totale cultivable est estimé à 120 000 ha), pour une production totale annuelle, en produits maraîchers et fruitier, estimée actuellement à 6537 tonne/an en progression de 75% par rapport à 2004. Cette production nationale ne fournit que seulement 10% des besoins, en employant près de 1700 exploitants, alors que les importations sont estimées à 35 000 tonnes/an.

 

En cela, l’Economie Rurale Djiboutienne se distingue radicalement des économies de la région et, plus généralement, de l’Afrique au Sud, du Sahara, où le secteur primaire représente une part significative de la production et des emplois. En raison des sécheresses récurrentes sur l’ensemble de la région, suite aux graves déficits pluviométriques causant la perte des cheptels et des productions, la situation socio-économique et sanitaire de ces zones rurales s’est fortement détériorée au cours des dernières années. Face à ces situations, la République de Djibouti a été classée en 2008 (suite à a flambée des prix des produits alimentaires et des carburants) à la 2éme place parmi les pays les plus fortement frappées, juste derrière la République d’Haïti, par rapport à l’Insécurité Alimentaire. La population à risque d’insécurité alimentaire était estimée à 45% de la population totale en mai 2008 (Rapport Fews net Mai 2008). En 2011, la situation ne s’est pas toujours pas apaisée puisqu’un nouveau cycle de sécheresse s’est déclarait en République de Djibouti et dans toute la région de la corne de l’Afrique (12 millions de personnes touchées par la sécheresse avec un lot important de population déplacée et une  précarisation des modes de vie).

 

          Anticipant ces situations de crises aiguës qui tendaient à devenir récurrentes, les autorités nationales, ont timidement engagé, depuis 2003, la Promotion du Secteur Primaire, comme une priorité, à travers une politique durable de sécurité alimentaire, mais également de diversification des croissances et de revenu du pays. C’est ainsi que l’agro élevage est érigé en modèle de développement, tout comme la promotion de la pêche pour encourager la production du secteur.

 

         La professionnalisation du secteur est encouragée par des l’octroie des prêts et mise en vente de bateau de plus grande dimension. Par ailleurs, le gouvernement bénéficie de l’appui des partenaires au développement pour la mise en place de l’Aquaculture et de la culture en cage ainsi que celle des algues avec une double approche ferme industrielle/fermes artisanales. C’est dans cette perspective qu’un Plan Directeur du Secteur Primaire été adopté en 2010 par le parlement national, pour servir de cadre de référence dans la Planification et la mise en valeur des ressources du secteur. Dans ce Plan figure particulièrement le développement des Cultures Maraîchères et des Fourrages pour le bétail aux abords des forages de puits et des retenues d’eau à travers le pays. De plus, il a été crée au cours de l’année 2011, la Société Djiboutienne de Sécurité Alimentaire (SDSA), avec comme principales mission la valorisation des terrains acquises à l’étranger (Ethiopie, Soudan, Malawi) par le gouvernement djiboutien et l’approvisionnement du marché national en contrebalançant toute hausse des produits agricoles.

 

Au niveau régional, à travers l’IGAD, le COMESA, le NEPAD/CAADP, tout comme au niveau international, les institutions militant en faveur de l’agriculture encouragent ces orientations en faveur du renforcement de l’offre de la production agricole à hauteur de 10% des dépenses publiques. Dans cette perspective, le gouvernement s’est doté avec l’appui de la FAO d’un Plan d’investissement ou Programme National de Sécurité Alimentaire.

 

         Enfin, Les techniques de production artisanal des activités du secteur primaire artisanales (faible rendement) et l’extrême dépendance de l’activité économique nationale vis-à-vis du secteur tertiaire ont conduit, ces dernières années, à une réelle prise de conscience de la part des autorités politiques nationales, de la nécessité de promouvoir le secteur primaire à des fins de sécurité alimentaire et de Diversification des Sources de Croissance et de revenu du pays (INDS, SNSA, PNSA, 2009). Cette dépendance se traduit par un poids considérable des produits agro-alimentaire dans les importations et le Déficit de la Balance Commerciale et, de fait, la part de ces produits dans l’ensemble des importations a tendance à progresser. Durant la période 1990-2003, les importations agroalimentaires ont progressé de 12% alors que les importations totales diminuaient de 9%. Par conséquent, les produits agroalimentaires ont vu leur part dans les importations passer de 36,3% à 44,7% sur la même période. Ceci reflète les ambiguïtés des ouvertures des économies de plus en plus prégnantes, et d’autre part, les perspectives que le secteur primaire permet d’entrevoir dans un cadre de Développement Durable pour atteindre les OMD en 2015 (réduction de moitié de la pauvreté et 2025 pour une réduction totale). 

 

Un autre défi important est le Recyclage des Eaux Usées : l'eau issue des stations de traitement, généralement impropre à la consommation humaine, peut néanmoins être utilisée pour de multiples besoins comme l’agriculture périurbaine, l’arrosage des espaces verts.

 

 

                        B.5- Evolution du Statut de la Femme

 

          L’évaluation de la SNIFD en 2006-2010 a révélé des avancées significatives dans chacun des axes prioritaires de la Stratégie. Toutefois, il existe d’énormes disparités relatives au genre : Le taux de chômage est 54.6% pour les hommes et de 68.6 % des femmes en EDAM/IS 2002, - Le taux d’activité est de 68% pour les hommes et de 33% seulement pour les femmes et varie selon la pauvreté et le lieu de résidence (Ministère Emploi, 2009) : - 38,2% des filles sont scolarisées contre 64,5% des garçons, cette disparité est plus importante dans régions. A cela s’ajoutent les effets de la Pauvreté qui affectent de plus en plus les femmes ainsi que l’impact croissant de la pandémie du SIDA sur les femmes et les enfants mais aussi des violences à leur égard.

 

         Les actions en faveurs de la promotion de la femme ont été nombreuses : Vers un renforcement de la promotion du statut de la femme et des personnes vulnérables à travers les diverses adhésions  : - la Promotion du statut de la Femme de Beijing (1995), - Adoption d’une loi de juillet 2009 qui punit toutes les formes de violences à l’égard de femmes et notamment les MGF, -La Convention relative aux Droits de personnes handicapées a été ratifiée en 2010, également en cours de Réflexion et d’Elaboration, - la mise en Place d’une  Commission Nationale de Droit de l’Homme (2008), - La Politique Nationale Genre PNG (2011-2021), - La Convention des Nations Unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF),L’adoption des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), en septembre 2000 ; - l’Initiative Nationale pour le Développement Social (2008-2012)

 

Par ailleurs il est a noté que la promotion de la femme a, de tout temps, été au centre des préoccupations du Gouvernement. L'importance ainsi accordée à la promotion de l'égalité des sexes s'est traduite par la création du Ministère de la Promotion de la Femme, du Bien Etre Familial et des Affaires Sociales en 1999, la promulgation du Code de la Famille (appui FNUAP) et l'élaboration et la mise en œuvre de la Stratégie Nationale d'Intégration de la Femme dans le Développement (SNIFD, 2001-2010) qui suite à l’évaluation finale de mise en œuvre en 2010 à donner lieu à la formulation de la Politique Nationale du Genre (2011-2021).La SNIFD a été élaborée en 2001 dans le but de renforcer le pouvoir d’action des femmes dans les domaines de la prise de décision, la santé, l'éducation et l'économie. Pour ce qui est de l’économie, une avancée majeure du rôle de la femme au sein de la Société est acquise par la mise en place de la Micro Finance, à travers l’ADDS, dont le but est de promouvoir la vie socio-économique des femmes grâce à l’octroi de micro crédits destinés à des activités génératrices des revenus.

 

         De fait, les statuts économique et politique de la femme ont évolué au cours de trois dernières décennies. Cependant, le statut social est resté rigide par rapport aux mentalités (tendance discriminatoires face au divorce et certaines maladies telles que le SIDA)…Reste a évoluer à mi-parcours la Politique Nationale du Genre (2011-2025) dont l’objectif est d’améliorer les conditions économique et sociale de la femme.

 

 

                        B.6 – La jeunesse

 

         Le recensement de 2009 spécifie davantage le caractère urbain (70,6%) et jeune (+ 50%) de la population totale djibouti. Aussi, le pourcentage des jeunes diplômés ne cesse d’augmenter annuellement (promotion sortante en L3 de l’Université de Djibouti, retour des étudiants diplômés de l’étranger).

 

 

         Parmi les principales réalisations en faveur de la promotion de la jeunesse, les actions spécifiques sont les suivantes : - Pour favoriser l'insertion professionnelle des jeunes, le Système des Nations Unies à travers l’UNDAF (2008 -2012) a soutenu l'élaboration du Document Cadre de Politique de la Jeunesse, renforcé les capacités de l'ANEFIP et a appuyé l'éducation complémentaire, la formation professionnelle et la formation des compétences de vie courante des jeunes, - Des programmes de stages au niveau de l’armée ( SNA), :- Insertion volontaire dans des entreprises publiques et privées à titre de stage de longue durée, - Appui apporté à l’insertion des jeunes diplômés par le FDED, - Promotion des Micro - Entreprises, - Mise en place au niveau de l'enseignement supérieur et de la formation professionnelle et technique d'une Formation en Adéquation avec les Spécificités du Marché de l'Emploi. A travers la mise en place d’un Secrétariat d’Etat chargé de la jeunesse, le gouvernement veut impliquer davantage les jeunes au Processus du Développement Economique. Plusieurs actions doivent être entreprises pour accompagner les jeunes dans la vie sociale, économique et politique.  L’élaboration avec le MJSLT du document cadre de Politique de la Jeunesse en étroite collaboration avec les autres partenaires a pour objectif d’initier le rôle et les ambitions que peuvent exercer les jeunes dans la société et leur participation dans le développement économique.

 

Concrètement ces réalisation ont permis : - L’Intégration des Jeunes dans la Vie Sociale : on constate que les centres de développement communautaires (CDC) se sont multipliés ces dernières années, ce qui permet à ces jeunes de trouver un épanouissement de leur temps libre et de ne pas sombrer dans la Pauvreté et l’Exclusion Sociale. On recense aujourd’hui plus de 27 CDC dans le pays ; - L’Intégration des Jeunes dans la Vie Economique : L’objectif est de s’occuper des jeunes chômeurs sans qualification ou diplômés à mieux s’insérer dans le tissu économique du pays. Concernant les jeunes qui ne disposent pas d’instruction, il s’agit de mettre en place des formations pour recycler rapidement ces personnes qui sont démunies de toute qualification. L’ANEFIP pourra jouer un rôle important pour soutenir les jeunes non qualifiés en leur proposant des formations suivies des emplois précaires ; - L’Intégration des Jeunes dans la Vie Politique : Il s’agit d’associer les jeunes dans la gouvernance et la prise des décisions politiques du pays à travers les modules de formation, la mise en place d’une législation qui stipule la participation des jeunes en tant qu’acteurs dynamiques de la vie politique (rôle et implication du Conseil National de la Jeunesse Djiboutienne).

 

         Toutefois, La crise du marché du travail affecte non seulement les jeunes sans qualification qui sont issus généralement des groupes défavorisés, mais également de plus en plus des jeunes diplômés qui n’arrivent pas à trouver un emploi. La plupart des jeunes n’arrivent à trouver que des emplois à durée déterminée. Il faudra reployer les actions du Secrétariat d’Etat à la jeunesse et au Sport vers des programmes incluant une réelle Politique Economique de la Jeunesse.

 

 

                        B-7 Habitat et Assainissement

 

          La problématique du Logement est réellement prise en compte qu’au cours de la troisième période parallèlement à celle de la croissance démographique. Ainsi, la construction de plusieurs cités telles que Hodane 1 à Balbala (842 logements), Gargaar (285 logements), Wadagir 2 (75 logements), ainsi que les 340 logements construits pour la réinsertion des populations déplacées dans les localités touchées par le conflit armé complétera la politique nationale en faveur de construction des logements sociaux entreprise au cours des périodes précédentes. Pour ce qui est des problématiques relevant de l’assainissement, il a été estimé qu’environ 17% des foyers de la ville de Djibouti étaient connectés à un réseau d’assainissement collectif (2009). Les 83% restant ont soit une fosse septique ou une latrine. A Balbala, banlieue sud de Djibouti-ville, où vivent presque le quart de la population de Djibouti (220000 hab), seulement trois quartiers ont un système d’assainissement collectif. Ces quartiers sont les cités Cheick Osman (294 Logements), Luxembourg (88 Logements), Hodane 1 (842 Logements) et la future cité Hodane 2 (642 logements) qui ne sera habitée qu’à la fin de cette année voire le début de l’année prochaine. Les autres quartiers de Balbala ont un système d’assainissement individualisé. Sur la base du dernier recensement, nous avons estimé que seulement 8.5% des foyers de Balbala ont un système d’assainissement collectif (Recensement Général de la Population et de l’Habitat de Djibouti, 2009). De ce fait, Djibouti n’atteindra pas les objectifs du millénaire qui fixait à 75% le taux de foyers possédant un système d’assainissement.

         Le parc des stations de pompages pour la collecte et le transport des eaux usées de la capitale est au nombre de 9 stations. La plupart de ces stations sont au jour d’aujourd’hui en mauvais états. Seuls trois (3) postes fonctionnent correctement (postes du palais du peuple, d'Einguela et de Wadajir). Les postes d’Arhiba et de la Plaine ne réalisent qu’une partie de leur fonction en pompant les eaux usées pour les rejeter immédiatement dans l’exutoire le plus proche. Les autres postes sont en pannes depuis de nombreuses années.

 

Il existe actuellement pour tout le pays deux (2) stations d’épurations pour le traitement des eaux usées. Elles sont toutes les deux situées à Djibouti-ville. La première station, dimensionnée pour une capacité de traitement de 31 000 équivalents/habitants (EH), est localisée dans la plaine de Douda, à quelques kilomètres de la frontière avec la somalie. Sa mise en fonction date des années 90 et n’est resté malheureusement opérationnelle qu’une année. La seconde, située en zone urbaine, précisément en contrebas de la colline de Balbala, a été conçue en 1980. A la base, cette station était destinée pour le traitement des eaux résiduaires de la cité Cheikh Osman. De nos jours, Cette station est hors service et repose actuellement sur ses propres ruines. De ce fait, les eaux usées des quartiers possédant un réseau d’assainissement collectif sont directement déversées dans la mer ou dans la nature. Les eaux usées non traitées des quartiers de Djibouti possédant un système d’assainissement collectif sont directement déversées dans le littoral de Djibouti-ville. Alors que les eaux usées non traitées des quartiers de Balbala avec un système d’assainissement collectif, sont déversées dans la nature.

 

Aussi, la surexploitation de la nappe de Djibouti entraîne l’apparition de biseau salé. En effet, la conductivité électrique de l’eau de Djibouti à 25 ºC est environ 2400 – 4100 mS/cm. Ces valeurs traduisent une minéralisation assez importante des eaux souterraines. Les concentrations par exemple en sodium et chlorures de ces eaux sont supérieures aux normes OMS. Plus de la moitié des forages enregistrent une teneur inquiétante en chlorures supérieure à 900 mg/l, allant jusqu’à dépasser 1200 mg/l, soit six fois la norme OMS souhaitable. De même, la nappe de Djibouti étant très proche du littoral, sa surexploitation pourrait entraîner dans un futur très proche une infiltration des eaux de mer

 

Les villes de l’intérieur sont aussi alimentées en eau de forages. La situation de la ville d’Ali-Sabieh est assez singulière. En effet, la nature géologique de cette région fait en sorte que les eaux souterraines de cette ville sont très minéralisées. Les concentrations en sodium, chlorures, sulfates et magnésium par exemple dépassent très largement les normes OMS. En termes physico-chimiques, ces eaux sont classées non potables. Aussi, les eaux souterraines de Mouloud ont des teneurs en nitrate supérieur aux normes OMS. Ces eaux de puits chargé en nitrate peuvent être préjudiciables pour les nourrissons.

 

Le réseau de collecte des eaux usées, unitaires et séparatifs, de la capitale, hors branchements est constitué de 26,3 km, dont 17 km en gravitaire et 9,3 km en refoulement. Ce réseau a connu récemment une extension dans le cadre du projet de Réhabilitation du quartier 4 de la ville et a fait également l'objet d'une réhabilitation quasi complète de ses voiries.Les rejets des eaux usées dans les zones urbaines côtières représentent la principale source de pollution du littoral. En effet, comme il n’y a pas à Djibouti une usine de traitement des eaux usées fonctionnelle, la quasi-totalité des eaux usées non traitées sont directement rejetées dans le littoral

 

          En matière de Politique de logement, la dernière décennie a permis- le développement des logements sociaux à travers la - Construction de plusieurs Cités et – l’Attribution des Parcelles d’Urgence périurbaines, parcelles résidentielles et la viabilisation de plusieurs lotissements à Djibouti et dans les régions de l’intérieur.

En matière d’assainissement, Le parc de forages qui alimente en eau potable tout le pays est au nombre de 52 forages. Sur les 6 dernières années, 4 forages ont été réformés et 7 nouveaux forages ont été mis en exploitation. La ville de Djibouti est actuellement alimentée par 38 forages. Par ailleurs, un Plan Stratégique de l’Assainissement de la Ville de Djibouti a été lancé en 2007.  Ce plan a permis à L’ONEAD de réhabiliter son réseau de collectes des eaux usées et de construire des nouveaux collecteurs (environ 5 Km). L’ONEAD a aussi réhabilité son réseau d’adduction d’eau de pluie (environ 2 Km).

En 2008, le gouvernement a lancé le projet de "mobilisation des eaux pour usage domestique et agricole en milieu rural". Ce projet avait pour objectif principal la fourniture de services viables et durables d’approvisionnement en eau potable, d'irrigation et d'abreuvement du cheptel pour l’ensemble des populations rurales des régions du Nord. Les travaux de construction de la nouvelle STEP de Douda sont programmés pour 2012. Cette STEP entrerait en fonction dès 2013. Cette usine de traitement des eaux usées aura une capacité de 40000 EH. De plus, cette STEP comprend une unité pilote de traitement des boues de vidange d’une capacité de 5000 EH. Dans le cadre de ce projet, il est prévu la réhabilitation et la construction d’un réseau d’assainissement collectif de 8 Km ainsi que la construction de deux stations de pompage.

 

          Par ailleurs, une redéfinition de la politique dans le domaine de l’Habitat, relative à l’aménagement du territoire permettra de reconfigurer les stratégies d’urbanisations actuelles entre la ville de Djibouti et les régions de l’intérieur.

 

En ce qui concerne la Problématique de l’Assainissement, l’élaboration des cartes hydrogéologiques sur le plan national permettra d’identifier les ressources d’eau souterraine disponible. Au niveau individuel, la Société Civile doit jouer un rôle important dans la sensibilisation de la population par rapport au traitement des eaux avant consommation et l’entretien des réservoirs d’eau.

 

 

                        B 8 -  Protection Sociale

 

         Les trois dernières décennies ont permis une avancée significative de la Protection Sociale à Djibouti. Avant la réforme de 2007, il était important de différencier : - "régimes" : il en existait plusieurs à Djibouti (à la CNR, par exemple, il existe un régime pour les fonctionnaires civiles, un autre pour les parlementaires et pour les ministres, un pour la police, etc.). Il était nécessaire, à terme, de procéder à un rapprochement de ces régimes, - "caisses" : il est injustifiable que dans un pays de la taille de Djibouti existent trois caisses (OPS, CNR et CMR) cumulant les coûts de trois entités. Il faut donc sans attendre opérer un rapprochement des caisses, dans le but de générer des économies d'échelles et de réduire massivement les frais de gestion, qui placent Djibouti au dernier rang des pays du Continent. Suite aux réformes, les caisses OPS et CNR fusionneront pour donner naissance à la CNSS (2008). De ce fait, depuis 2008, le système de protection sociale sera géré à Djibouti par le Ministère de l’emploi qui a sous sa tutelle la CNSS. Celui-ci est en charge des programmes axés sur le Marché du Travail, programmes d’assurance sociale (retraites et assurance maladie). Le volet Solidarité Nationale a été confié au Secrétariat d’État chargé de la Solidarité (2008) sous l’autorité du Premier Ministre. Le Secrétaire d’État a pour objectif principal la mise en oeuvre de l’INDS.

 

         Globalement, Les réformes de la protection sociale intervenues en 2002 et 2009 ont permis de sauvegarder le niveau de perception des allocations familiales, des prestations sanitaires et autres pensions accordées aux ayants droits des travailleurs malgré l’allongement des années de cotisations. Or, ce système de Protection ne s’adressant qu’aux employés du secteur dit formel, une grande partie de la population se trouve dépourvue de toute aide en matière de prestations de services de base (santé, allocations, etc.)

 

         Aussi, il est important de souligner une caractéristique importante du système de Sécurité Sociale. Il repose non seulement sur une solidarité nationale mais, aussi, sociale ou communautaire selon le modèle africain où le revenu du chef de ménage est redistribué de façon à subvenir aux besoins du foyer mais aussi et si possible à ceux de la communauté. Cette dimension de la protection sociale a permis non seulement d’apaiser les conséquences de la pauvreté mais, aussi, a constitué une alternative à la protection sociale institutionnelle.

 

          Plusieurs réformes réglementaires ont été entreprises avant la Création de la CNSS : - réorganisation de la Caisse Nationale de Retraite en 1992; - création de l’OPS en 1997 , - Codification du fonctionnement de l’OPS et du régime général de retraite des travailleurs salariés en 2002 et 2009, - Une pension minimum qui a rehaussé le niveau de revenu des couches sociales les plus défavorisées ( minimum est fixé à 25000 FDJ par mois) à travers la Loi n° 154/AN/02/4ème L  - Révision des modalités de contributions d’acquisition des droits à pension, de liquidation des pensions de retraites et des pensions de veuves et d’orphelin des cotisants à la Caisse Nationale de Retraites en 2002 et 2009, enfin, - création de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (C.N.S.S) constitué de  la fusion entre le CNR et l’OPS en 2008.

 

         Par rapport au volet « Solidarité Nationale », une nouvelle agence (ADDS, 2008) créée par la fusion du projet de Travaux d’intérêt public et du projet de Fonds social constitue organe de mise en oeuvre de la politique nationale de lutte contre la pauvreté à travers la réalisation des projets en Micro Crédits (alloués principalement aux femmes). D’autres ministères mènent également  des actions s’inscrivant dans le contexte de la protection sociale tels que celui de la - Promotion de la femme (Planning Familial), Agriculture (installation de forage et de citernes enterrées dans certaines régions), - Éducation (prise en charge de cantines scolaires), et - Santé (Prise en charge de différents stade de la grossesse par la Direction Mère,  prise en charge de certaines maladies telles que la protection de PVVIH, particulièrement des groupes vulnérables orphelins et des réfugiés, création de Centres de Soins Communautaires, la mise à disposition de Médicaments Génériques plus accessibles à travers les Pharmacies Communautaires, l’établissement du Certificat d’Indigence pour une gratuité des soins en centre de soins hospitalier répondent au souci d’améliorer la qualité de vie des ménages vulnérables), - Ministère de l’Emploi contribue aussi aux programmes de la protection sociale à travers la formation professionnelle (CFPA) et l’assistance à la recherche d’un emploi (ANEFIP) car le chômage constitue le premier facteur de vulnérabilité des ménages et leurs enfants.

 

 

         Enfin et pour atteindre une gestion optimale, une réorganisation de la CNSS doit permettre de corriger les convergences des régimes (public et privé). Par ailleurs, les enjeux issus des contraintes économiques et sociales doivent aboutir à une couverture efficiente de la sécurité sociale qui protégerait en particulier les catégories les plus vulnérables de la société.

 

 

                                                                                  La Rédaction du Site